Qu’est-ce que le Fediverse ?

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Logo du Fediverse

Ma prédilection pour les modes d’action et de pensée alternatifs m’a longtemps éloigné des réseaux sociaux qui ne l’étaient pas assez à mon goût. Depuis quelques temps, je me suis pourtant mis à fréquenter le Fediverse. Cette contraction entre « fédération » et « univers » désigne un ensemble de plateformes décentralisées en interaction les unes avec les autres. Une fois n’est pas coutume, je vais m’essayer à la vulgarisation afin de vous faire découvrir ce dont il s’agit.

Pour commencer, il faut comprendre ce qu’est la décentralisation. Le plus judicieux serait d’employer une métaphore architecturale. Les sites comme Facebook ou Twitter ressemblent à d’énormes buildings. Pour y accéder, tout le monde passe par la même porte qui se trouve généralement aux États-Unis, ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes d’ordre législatif. Avant d’y entrer, les futurs locataires consentent à céder aux entreprises qui les accueillent tout objet qu’ils y introduisent (leur données personnelles). L’édifice est solide mais sa conception plutôt totalitaire.

A l’opposé, les plateformes qui composent le Fediverse sont comparables à des villages suspendus. Pour y entrer, il faut tout d’abord choisir la maison collective dans laquelle on souhaite déposer ses affaires. Cette complexité initiale pouvant en rebuter plus d’un est en réalité un atout majeur puisque l’utilisateur est libre de choisir à qui il confie ses données. Les différentes maisons du village (instances ou pods) sont reliées entre elles par des passerelles. Le tout fonctionne sur du logiciel libre, ce qui signifie que, dans l’absolu, chacun peut bâtir sa propre maison à condition d’en avoir la capacité puisque le code appartient à tout le monde.

Ma première expérience avec le Fediverse fût Diaspora*, une sorte d’alternative à Facebook proposant aux utilisateur de poster des messages, des photos, des vidéos ou des articles externes sur leur « mur » tout en utilisant des hashtags. Que les choses soient claires, il n’y a pas de site Diaspora* à proprement parler mais une multiplicité d’instances hébergées soit par des associations soit par des particuliers qui permettent d’accéder au service. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, je conseille la lecture du Guide du parfait débutant.

Visualisation des modifications apportées au code source de Diaspora* sur huit ans.

Diapora* est donc un exemple de logiciel et de réseau social fédéré, mais dans Fediverse il y a aussi univers. Pour continuer à filer la métaphore, il faudrait maintenant envisager son ensemble comme une  communauté de communes. En effet, différentes plateformes ont adopté ce type de structure décentralisée avec la volonté progressive de s’interconnecter les unes aux autres. Le fer de lance du Fediverse est actuellement Mastodon, une alternative à Twitter qui, en décembre 2017, comptait plus d’un million d’utilisateurs.

L’avantage de Mastodon par rapport à Diaspora* est d’avoir opté pour le protocole ActivityPub (Pub pour publication, aucune publicité n’y figure) sur lequel de nombreux logiciels se sont récemment alignés. Grosso modo, le protocole est la langue parlé dans un village. Si le village d’à côté possède son propre dialecte, les échanges sont compliqués. Pour prendre un exemple concret, si quelqu’un partage un lien PeerTube (réseau du Fediverse dédié aux vidéos) et qu’un utilisateur de Mastodon le « like » ou le commente, son action est directement reportée sur PeerTube, même si le vidéaste n’a pas de compte Mastodon.

Les logiciels qui composent le Fediverse sont nombreux et variés. Pour vous en citer quelque uns, nous avons :

  • Diaspora* : alternative à Facebook (lise des pods)
  • Mastodon : alternative à Twitter (liste des instances)
  • PeerTube : alternative à Youtube (liste des instances)
  • Pixelfed : alternative à Instagram
  • Funkwhale : alternative à Spotify
  • Plume : alternative à Blogger

etc…

kumu.io
Visualisation de la topographie actuelle du Fediverse par Kumu (décembre 2018).

Le principal reproche que l’on pourrait faire à ces plateformes est leur nombre d’utilisateurs restreint, mais il ne tient qu’à vous de l’augmenter. Certaines d’entre-elles sont également en cours de développement, mais 2019 promet un nombre important de versions stables. Quant aux avantages, ils sont multiples et de taille. Les hébergeurs ne font pas de business en revendant vos données personnelles à des parties tierces, l’architecture décentralisée rend sa structure extrêmement résiliente, toute tentative de contrôle ou de censure est plus difficile à mettre en place, tout comme la surveillance de masse, il n’y a pas de bulles filtrantes automatisées, etc.

Alors que l’Union Européenne voudrait déléguer la gestion du contenu aux géants du web, le Fediverse me semble être la meilleure piste à suivre pour un internet du futur en accord avec l’idéologie qui en fût à l’origine. J’espère que cette présentation aura été suffisamment accessible et demanderais aux puristes de bien vouloir pardonner mes approximations. Je ne suis pas un technicien mais un simple utilisateur ayant voulu rendre ce sujet pointu le plus compréhensible possible.

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