Les charmes métriques

Kassel_Mandragora

Page du Pseudo-Apuleius

Bien qu’issus d’ouvrages différents, ces douze charmes anglo-saxons datant du Xe et XIe siècle sont généralement regroupés ensemble de par leur forme et leur contenu similaires. Rédigés en vieil anglais avec certaines formules en latin, ces metrical charms fourmillent d’obscurités déconcertant les érudits même. Pour leur traduction, je me suis donc permis de privilégier la fluidité et la cohérence du propos, quitte à sacrifier un peu d’exactitude.

 


Remède des champs (Æcerbot)

Voici le remède pour guérir vos champs s’ils sont stériles ou présentent d’autres troubles liés à la magie ou à la sorcellerie. Avant qu’il ne fasse jour, allez nuitamment ramasser quatre touffes d’herbe aux quatre coins de votre terrain en marquant bien leur emplacement. Prenez ensuite de l’huile, du miel, de la levure et du lait provenant de chaque troupeaux parqués en ces terres. Prenez également un échantillon de chaque arbre qui y pousse, sauf pour les bois durs, et de chaque plante à l’exception du haricot. Versez ensuite de l’eau bénite dessus et arrosez les trois côtés des emplacements préalablement marqués en disant ceci :

Crescite
et multiplicamini
et replete
terre

In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti sit benedicti.

Répétez le Pater Noster autant de fois que l’autre formule.
Portez ensuite ces touffes d’herbe à l’église pour que le prêtre leur dédie quatre messes. L’une d’elle tournera alors sa partie verte vers l’autel. Il faudra ensuite ramener ces mottes à leur emplacement initial avant le lever du soleil. Quatre signe du Christ seront exécutés sur un sorbier nourricier dont la formule suivante sera inscrite à chaque extrémité :

Mathieu et Marc, Luc et Jean.

Sur chaque trous marqués d’une croix où les mottes vont être déposées, dites ceci :

Crux Matheus, crux Marcus, crux Lucas, crux sanctus Johannes.

Ensuite, prenez les touffes d’herbe et replacez-les en disant par neuf fois la formule suivante :

Crescite…

Répétez le Pater Noster autant de fois puis tournez-vous avec humilité vers l’Est et prononcez ces mots :

Vers l’Est je me tiens et prie pour ma miséricorde,
Prie et célèbre le Seigneur, loue le Tout Puissant,
Prie le Gardien sacré du Royaume des cieux,
Loue la terre et le ciel au dessus,
Et Marie, vraie et bénie,
Et la puissance du paradis et de ses hautes salles
Afin d’être autorisé à desserrer les dents pour ce charme
Par la grâce du Seigneur, par la pensée inflexible,
Réveillez ces plantes profitables au monde,
Emplissez cette terre avec une foi inébranlable,
Rendez belle cette plaine car, comme dit le sage,
Les richesses de cette terre seront distribuées avec justice
Durant l’aumône, par la grâce du Seigneur.

Tournez-vous vers le soleil et prosternez-vous trois fois au sol en égrainant vos litanies ainsi :

Sanctus, sanctus, sanctus, jusqu’à la fin.

Les bras tendus, chantez le Benedicte, le Magnificat et le Pater Noster trois fois en les dédiant au Christ, à la Sainte Vierge et à la Sainte Croix avec éloge, adoration et grâce pour celui qui possède la dite terre et ceux qui y sont rattachés.

Une fois que tout ceci est fait, prenez n’importe quelles semailles à un nécessiteux et rendez-lui en deux fois plus puis rassemblez tout l’attirail de sa charrue et percez un trou dans le bois où vous placerez de l’encens, du fenouil, du savon consacré et du sel consacré. Épandez ensuite cette semence sur la charrue en disant :

Erce, Erce, Erce, mère de la terre,
Que le Tout Puissant, le Seigneur Éternel t’accorde
Des champs fertiles et luxuriants,
Propage et affermisse
De hauts arbres aux  floraisons radieuses,
De vastes cultures d’orge,
De blé blanc,
Et de tous les autres fruits de la terre.
Seigneur Éternel, accordez-lui,
Et vous saints du paradis,
Que ses poussent soient protégées contres leurs ennemis
Et défendues contre le mal,
Contre les diverses sorcelleries que l’on trouve dans ce pays.
Maintenant, je demande au Souverain, à celui qui a façonné le monde,
Que personne parmi les femmes bavardes et les hommes rusés
Ne puisse détourner les mots venant d’être prononcés.

Lorsqu’on sortira la charrue et ouvrira le premier sillon, il faudra parler ainsi :

Soyez bonne, ô terre, mère de l’humanité !
Soyez féconde de l’étreinte de Dieu,
Soyez pleine et utile aux hommes !

Ensuite, prenez toute la farine nécessaire et demandez à quelqu’un de faire cuire en intérieur un pain gros comme la main pétri avec du lait et de l’eau bénite. Déposez-le dans le premier sillon et dites :

Champ plein de nourriture pour les hommes,
Épanouis-toi et sois béni
Par le nom sanctifié de celui qui a façonné le ciel
Et la terre sur laquelle nous vivons.
Que Dieu qui a fait cette terre
Nous accorde ce don grandissant,
Que chaque grain arrive à maturation.

Dites trois fois « Crescite in nomine patris, assis benedicti. Amen ! » et trois fois le Pater Noster.

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L’Angelus de Jean-Fraçois Millet (1857-59)


Le charme des neuf herbes

Souviens-toi, armoise, de ce que tu révèles,
De ce que tu as ordonné en déclarations solennelles.
On te dit singulière, la plus ancienne des herbes.
On peut t’utiliser contre trois, contre trente,
Contre le poison et contre la contagion,
On peut t’utiliser contre toutes les choses haïssables qui déferlent sur le pays.

Et toi, plantain, mère des herbes,
Ouvert sur l’Est, force intérieure –
Par dessus les grincements du charretier, des rougissements de la femme,
Par dessus les noces de la mariée, du grognement des taureaux.
Tu t’es opposé à tout et tu t’es rué dessus –
Comme tu as résisté au poison et à la contagion
Et aux choses haïssables qui déferlent sur le pays.

L’herbe s’appelle ortie, elle pousse sur la pierre –
Elle se dresse contre le poison, rempart à la douleur.
C’est ce qu’on appelle férocité, élan contre le poison,
Cruauté vengeresse, repoussoir du venin.
C’est l’herbe qui a combattu le ver –
Cela peut servir contre le poison, cela peut servir contre la contagion,
Cela peut servir contre les choses haïssables qui déferlent sur le pays.

Maintenant vole, érythrine crête-de-coq, le moins c’est le plus,
Le plus c’est le moins, jusqu’à ce que tous deux soient remèdes.
Souviens-toi de ce que tu révèles,
De ce que tu accomplis à Alorford,
Pour que l’esprit n’abandonne jamais face à la maladie
Après avoir préparé un membre de cette tribu à devenir nourriture.

Voici l’herbe que l’on appelle pomme sauvage,
Qui envoie le phoque sur l’échine de la mer,
Ennemie d’un autre poison, son remède.

Ces neuf herbes peuvent servir contre neuf poisons.
Le ver arrive en rampant pour s’introduire dans l’homme.
Odin a pris neuf glorieux rameaux
Et frappa le serpent qui éclata en neuf morceaux.
La pomme et le serpent furent alors détruits
Pour qu’ils ne s’abattent jamais sur vos maisons.

Thym et fenouil, paire extrêmement puissante,
Le sage Seigneur a créé ces herbes
Saintes au paradis, et les a accroché
Pour monter et descendre entre les sept mondes,
Pour les misérables et les bienheureux, remède pour tous.

Elles se tiennent face à la douleur, se dressent contre le poison,
Peuvent être utilisées contre trois, contre trente,
Contre la main du démon et contre la destruction,
Contre l’envoûtement des créatures malfaisantes.

Maintenant, ces neufs herbes peuvent servir contre les mauvais esprits,
Contre neufs poisons et neuf maladies,
Contre le poison écarlate, contre le poison puant,
Contre le poison blanc, contre le poison violet,
Contre le poison jaune, contre le poison vert,
Contre le poison noir, contre le poison bleu,
Contre le poison brun, contre le poison pourpre,
Contre la cloque du serpent, contre la cloque de l’eau,
Contre la cloque de l’épine, contre la cloque du chardon,
Contre la cloque de la glace, contre la cloque du poison.

Si un quelconque poison devait venir de l’Est
Ou bien du Nord en volant,
Ou bien de l’Ouest sur les nations humaines,
Le Christ domine tout type de peste.

Moi seul connais l’eau qui court
Là où les neuf vipères veillent
Sur la forêt où poussent les herbes.
La mer, toute l’eau salée se retire,
Lorsque j’obtiens de toi ce poison.

Armoise, plantain, ortie, pomme sauvage, thym, fenouil et ancienne plante à savon : réduisez ces herbes en poudre et mélangez-les avec du savon et du jus de pomme. Préparez une pâte avec de l’eau et de la cendre, prenez ensuite du fenouil et faites-le bouillir dans la pâte puis ajoutez-y un œuf battu avant et après application du baume. Chantez ce charme trois fois  sur chacune de ces herbes avant la préparation, ainsi que sur la pomme. La même chose sera chantée dans la bouche de l’homme, dans ses oreilles et dans sa plaie avant d’appliquer le baume.

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Planches du Cotton Vitellius (début du XIe siècle)


Contre un nain

Contre un nain, il faut prendre sept petites galettes comme celles que l’on donne en offrande et écrire sur chacune d’elles :

Maximianus, Malchus, Iohannes, Martimianus, Dionisius, Constantinus, Serafion.

Il faudra aussitôt chanter le charme allant être énoncé, d’abord dans l’oreille gauche, puis dans l’oreille droite, puis au dessus de la tête de l’homme. Ensuite, demandez à une pucelle qu’elle le suspende à son cou. Faites ça trois jours de suite, le plus tôt sera le mieux.

Voilà qu’elle arrive, la chose araignée,
Un harnais entre les mains, elle déclare que vous êtes son coursier
Et le fixe à votre cou, commence à parcourir la terre
Puis, après avoir quitté le sol, ses membres se mettent à se refroidir.
Vient ensuite la sœur de la bête
Qui met fin à tout ça et fait le serment
Que jamais les malades ne soient pris pour cibles
Ni celui qui possède ce charme,
Ni celui qui sait le réciter.
Amen. Qu’il en soit ainsi.


Pour une douleur soudaine

Pour une douleur soudaine, prenez de la grande camomille et de l’ortie rousse poussant près d’une maison ainsi que du plantain. Faites-les bouillir dans du beurre.

Ils étaient bruyant, oh combien bruyant ceux qui roulaient sur les tertres,
Ils étaient résolus lorsqu’ils sillonnaient la terre.
Protégez-vous maintenant pour échapper à leur attaque.
Dehors petite lance, si tu es à l’intérieur !
Sous le tilleul, sous le bouclier léger
Où les puissantes femmes étalent leur pouvoir
Et envoient des lances hurlantes.
Je leur enverrai moi aussi
Une lance volant droit sur elles,
Dehors petite lance, si tu es à l’intérieur !
Un forgeron s’est assis et frappe une petite lame,
Une lame de fer merveilleuse.
Dehors petite lance, si tu es à l’intérieur !
Six forgerons se sont assis pour fabriquer une lance mortelle.
Dehors petite lance ! Si tu es à l’intérieur, lance !
Si le fer ici
Est l’œuvre d’une sorcière, il doit fondre.
Si on t’as tiré dans la peau ou dans la chair,
Dans le sang ou dans les os,
Ou bien tiré dans les membres, que ta vie soit sauve !
Si le coup provient d’un dieu, d’un elfe
Ou d’une sorcière, je vais t’aider.
Voici le remède pour le tir des dieux, voici le remède pour le tir des elfes,
Voici le remède pour le tir des sorcières, je vais t’aider.
Vole jusqu’au sommet des montagnes !
Sois entier ! Que le Seigneur te vienne en aide !

Prenez alors la lame et jetez la dans le liquide.


Pour la perte de bétail (1)

Lorsque quelqu’un vous informe qu’une de vos bêtes a disparu, dites ceci avant tout autre chose :

La ville où est né le Christ s’appelle Bethléem,
Célèbre à travers toute la terre du milieu.
Pour l’humanité, il a accomplit un acte illustre
Sur la Sainte Croix ! Amen !

Regardez trois fois à l’Est et dites trois fois :
La Croix du Christ en avant depuis l’Est !

Regardez trois fois à l’Ouest et dites trois fois :
La Croix du Christ en avant depuis l’Ouest !

Regardez trois fois au Sud et dites trois fois :
La Croix du Christ en avant depuis le Sud !

Regardez trois fois au Nord et dites trois fois :
La Croix du Christ en avant depuis le Nord !

Judas a suspendu le Christ, commettant le pire des actes, le dissimulant pour qu’il ne puisse être caché.
De par cet acte, que rien ne puisse être caché à travers la Sainte Croix du Christ. Amen.

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Our English Coasts de William Holman Hunt (1852)


Pour un accouchement retardé

La femme qui veut amener l’enfant à son terme doit aller sur la tombe d’un homme mort et marcher trois fois dessus en disant :

Que ceci m’aide contre les retards de naissance,
Que ceci m’aide contre les douleurs de l’accouchement,
Que ceci m’aide contre les naissances boiteuses.

Cette femme enceinte ira ensuite se coucher auprès de son mari et dira :

Je monte au dessus et t’enjambe
Avec un enfant vivant et non pas un mourant,
Avec un enfant qui naîtra et non pas un condamné.

Quand la mère sentira enfin que l’enfant est vivant, elle doit se rendre à l’église puis, devant l’autel, dire ceci :

J’ai dit Christ, révèle-le !

La femme ne pouvant conduire l’enfant à son terme doit prendre part à l’enterrement de son enfant, l’envelopper dans de la laine noire et le vendre aux marchands en disant :

Je dois vendre, vous devez vendre
Cette laine noire, et les germes de ce chagrin.

La femme ne pouvant conduire l’enfant à son terme doit alors recueillir le lait d’une vache de couleur unie dans une de ses mains, en prendre une lampée en bouche puis aller la recracher dans un cours d’eau. De cette même main, elle prendra alors une lampée d’eau et l’avalera puis dira :

Je porterai cet enfant bien portant,
Fortifié par cette nourriture.
Celui-ci je veux le garder et rentrer à la maison avec.

Elle doit ensuite se rendre au ruisseau sans regarder autour d’elle, ni à l’allée, ni au retour, puis aller dans une autre maison que la sienne où une femme lui donnera à manger.


Pour la maladie de l’elfe d’eau

Si quelqu’un attrape la maladie de l’elfe d’eau, ses ongles noircissent et sa vue larmoyante baisse. Pour remède, prenez alors une carline, une canche, un baie d’if, du lupin, de la grande aunée, de la guimauve officinale, de la menthe des bois, de l’aneth, un lys, de l’érythrine crête-de-coq, de la menthe pouliot, du marrube, de l’oseille, du sureau, de la centaurée, de l’absinthe, de la feuille de fraisier  et de la consoude. Imbibez-les de bière, mélangez ça dans de l’eau bénite puis chantez trois fois le charme qui suit :

J’ai formé le meilleur régiment contre cette blessure,
Cette blessure ne brûlera et n’éclatera donc pas,
Ne progressera pas, ne se propagera pas,
Pas de spasmes douloureux, pas de blessure grandissante
Ni de souffrance qui s’accentue car ces saints moyens sont portés.
Que cette blessure ne pousse pas comme les épis sur le sol.

Chantez plusieurs fois ceci :

La terre en vous met toutes ses forces à contribution.

On peut chanter ce charme sur les blessures.


Contre un essaim d’abeilles

Contre un essaim d’abeilles, prenez de la terre, jetez-la de votre main droite sous votre pied droit et dites :

Je l’ai sous le pied, je l’ai trouvé,
Écoute, cette terre peut servir contre toutes les créatures,
Contre le mal et l’inimitié,
Contre la grande langue des hommes.

Quand elles formeront un essaim, jetez la terre sur elles en disant :

Asseyez-vous par terre, femmes victorieuses.
Puissiez-vous ne jamais voler sauvages dans les bois.
Soyez aussi soucieuses de mon bien-être
Que tout homme l’est de sa nourriture et de sa maison.

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Abeille 3 de Nicolas Bernière (2001)


Pour la perte de bétail (2)

Rien de ce que j’ai possédé ne peut disparaître ou être volé, pas plus qu’Hérode face à notre Seigneur. J’ai pensé à sainte Hélène et au Christ suspendu sur la Croix, j’ai donc l’intention de retrouver ces bêtes. On ne les enlèvera pas ; attentif, on les dérobera pas ; aimant, on ne leur fera pas de mal.

Garmund, thane de Dieu,
Trouve ces bêtes et tiens-les,
Garde ces bêtes et rapporte-les,
Ramènes ces bêtes à la maison.

Celui qui les a pris n’aura ni terres où les écarter,
Ni terres où les emporter,
Ni terres où les retenir.

Si quelqu’un à fait ça, qu’il n’en tire jamais profit !
En trois nuit, je connaîtrai son pouvoir,
Ses forces et ses compétences.

Que tout ceci se dessèche comme le bois qui brûle,
Comme le chardon celui qui a voulu voler ces bêtes
Ou éloigner ce bétail.

Amen.


Pour la perte de bétail (3)

Lorsque quelqu’un s’est fait voler ses bêtes, l’homme doit parler ainsi et dire avant tout autre chose :

La ville où est né le Christ s’appelle Bethléem,
Célèbre à travers toute la terre du milieu.
Pour l’humanité, il a donc accomplit ce acte illustre
Par la Croix du Christ !

Qu’il regarde ensuite trois fois vers l’Est et dise trois fois :
La Croix du Christ en avant depuis l’Est !

Qu’il regarde trois fois vers l’Ouest et dise :
La Croix du Christ en avant depuis l’Ouest !

Qu’il regarde trois fois vers le Sud et dise :
La Croix du Christ en avant depuis le Sud !

Qu’il regarde trois fois vers le Nord et dise :
La Croix du Christ en avant depuis le Nord !

Judas a suspendu le Christ, commettant pour lui-même le pire des actes. Il a voulu le cacher mais n’a pu le dissimuler. Que jamais cet acte ne puisse être dissimulé. Amen.


Un charme de voyage

Avec ce bâton, je trace un cercle autour de moi
Et me confie à la grâce de Dieu
Contre la piqûre des blessures,
Contre les coups de la souffrance,
Contre la terreur sinistre,
Contre la peur immense
Et contre toutes les choses mauvaises
Présentes en ce pays.

J’entonne un chant de victoire,
Je porte un bâton de victoire,
Paroles et actes de victoire.
Cela me sera utile.

Qu’aucun lac ne me fasse obstacle,
Qu’aucun parent ne me tracasse,
Que jamais mon esprit ne soit lâche
Mais que le Tout-Puissant et le Saint Esprit,
Digne Seigneur de toutes gloires,
Me protègent tant que j’obéis au créateur du ciel.

Abraham, Isaac et les hommes comme eux,
Moïse, Jacob, David et Joseph,
Eve, Anna et Elizabeth,
Sarah et aussi Marie, mère du Christ,
Ainsi que les frères Pierre et Paul
Et tes milliers d’anges.

J’invoque leur faveur contre mes ennemies,
Qu’ils me portent, me protègent et veillent sur mon chemin,
Me soutiennent tous, me guident,
Et dirigent mes actes.
Que l’espoir de gloire soit mien,
Main sur la tête,
Force des plus saintes,
Compagnie de preste victoire,
Anges de vérité.

Avec la lumière de l’esprit, je prie
Pour que Mathieu soit mon casque,
Marc ma cotte de mailles,
Lumière, force vive, Luc mon épée,
Brillante et aiguisée, Jean mon bouclier,
Et les Séraphins, ma glorieuse lance rayonnante.

Permettez-moi de sortir, de rencontrer des amis,
Bénédiction de tous les anges, traditions des bienheureux.
Je demande au Dieu de la Victoire,
Dans sa miséricorde divine,
Un voyage agréable, serein et léger,
Vents du rivage.
Je connais l’existence de ces vents
Qui remuent les eaux
Et se défendent constamment contre les ennemies.
Puissé-je rencontrer des amis
Pour demeurer dans la grâce du Tout-Puissant
A l’abri du mal qui poursuit ma vie,
Inébranlable dans la splendeur des anges,
Dans la main bénie du Maître des cieux
Pour la durée de mes jours.
Amen.

Thomas_Cole,_The_Voyage_of_Life,_1842,_National_Gallery_of_Art

The Voyage of Life: Manhood de Thomas Cole (1842)


Contre un kyste

Kyste, kyste, oh petit kyste,
Tu ne t’établiras pas ici, tu n’auras pas de maison,
Tu iras plutôt au nord, vers les montagnes voisines,
Là où tu as, misérable chose, un frère.

Il posera une feuille sur ta tête,
Sous le pied du loup, sous la plume de l’aigle,
Sous la griffe de l’aigle, pour que tu t’évanouisses,
Rétrécisses comme un chardon dans le foyer,
Flétrisses comme la bouse qui s’affaisse
Et t’évapores comme de l’eau dans un sceau.
Tu deviendras aussi petit qu’un grain de lin,
Moins épais que les hanches d’un ver de terre,
Si petit que tu disparaîtras.

 

Traduction : Merle Bardenoir

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