Pascal Quignard, la défaillance du langage comme source de l’action

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Odilon Redon, « Silence », 1911 (détail).

Le nom sur le bout de la langue est un livre de Pascal Quignard paru chez P.O.L. en 1993. La première partie de cet ouvrage est une réécriture d’un conte breton intitulé « Jebedik le Ribet », appartenant au type n° 500 selon la classification Aarne-Thompson. Sa structure peut se résumer ainsi : le héros est sommé d’accomplir une tâche impossible, passe un pacte avec un être surnaturel qui s’en occupe à condition que le héros se souviennent de son nom, nom qui bien sûr est oublié avant d’être retrouvé. La deuxième partie du livre, intitulé Petit traité sur Méduse, lui fait échos puisqu’elle traite également des troubles mémoriels et de la perte du langage tout en révélant certaines traits autobiographiques.

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Sandman et les contes du Rêve

Sandman_Overture_Vol_1_4_Textless.jpgImaginez une bande dessinée où le personnage principal serait le Rêve. Inscrivez la dans un registre fantastique-horrifiant, donnez lui une ampleur épique et vous obtiendrez Sandman de Neil Gaiman. Traiter cette œuvre de manière exhaustive devient dès lors compliqué. Voilà pourquoi, dans le cadre de la revue internationale d’études culturelles, linguistiques et littéraires AGON, j’ai décidé de l’aborder par l’intermédiaire de la figure du conteur. Cela permettra aux lecteurs familiers de l’œuvre de la redécouvrir sous un nouveau jour et donnera probablement aux autres l’envie de s’y plonger.

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« Chants d’avant l’aube », enfin l’album !

disque-cd-argenté-2384700J’ai le plaisir de vous annoncer, non sans une once d’appréhension, la sortie de mon premier album intitulé « Chants d’avant l’aube » ! Enregistré dans ma chambre en sous-sol, les dix titres qui le composent sont le fruit d’innombrables heures passées avec mon synthétiseur, plume à la main et casque sur les oreilles. Je laisse aux connaisseurs le soin d’en définir le style mais les amateurs de chanson française, de synthwave et de pop expérimentale devraient apprécier.

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Dudley Murphy, « L’Esprit du cyprès »

The_Soul_of_the_Cypress_1921_Dudley_Murphy.webmDans ce court métrage élégiaque de 1921, un musicien tombe éperdument amoureux d’une dryade résidant au cœur d’un vieu cyprès. Histoire tragique s’il en est puisque Dudley Murphy s’inspire du mythe d’Orphée pour en offrir une lecture personnelle, avec thème et surtout variations, ce qui lui confère un intérêt particulier.

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« La Rate est Morte », conte bourguignon

Voici un conte de Bourgogne que ma grand-mère avait pris soin de noter, le préservant ainsi de l’oubli. Si l’on en croit la conteuse, cette histoire lui aurait été transmise par sa propre grand-mère, ce qui le ferait remonter au moins jusqu’au XIXe siècle. Quelques termes employés proviennent du patois bourguignon et me sont malheureusement incompréhensibles. Si certains d’entre vous savent notamment ce qu’est un « vzou », n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires.

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Dessins figurant sur l’en-tête du manuscrit.

Il était une fois un rat et une rate qui vivait dans un petit village nommé Fléys. Ils habitaient une petite masure près de la maison de ma grande mère Barontini et c’est elle qui m’a raconté leur histoire :

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« Carmilla » et le neutre vampirique

carmillaParu pour la première fois en 1872 dans le recueil « In a Glass Darkly », Carmilla est un roman gothique de Joseph Sheridan Le Fanu, écrivain irlandais principalement connu pour ses récits fantastiques. Composée d’un prologue et de seize chapitres, l’histoire prend la forme d’un journal intime tenu par une jeune fille blonde et ingénue du nom de Laura. Cette dernière raconte les circonstances ayant amené son père, ancien militaire anglais partit s’établir en Autriche, à accueillir une mystérieuse invitée éprise de sa fille et allant s’avérer être un vampire.

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« La Cartomancienne » de Jerome Hill

L2010.19.18

Œuvre de Maud Oakes, cousine de Jerome Hill.

Bien qu’ayant déjà travaillé sur l’image avant 1932, l’acquisition d’une caméra portative Kodac fut un véritable déclic pour Jerome Hill. Le réalisateur américain se mit alors à tourner en extérieur et réalisa la première de ses œuvres à part entière intitulée La Cartomancienne, en français s’il vous-plait ! Ce court-métrage expérimental pour lequel je viens de composer une nouvelle bande-son n’est pas sans rappeler l’intérêt du cinéaste pour les théories alchimiques et psychanalytiques de Carl Jung.

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